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Ménopause

Quand la chaleur monte : la respiration que je montre en cabine

Le temps de respiration que je montre aux femmes pour traverser une bouffée de chaleur sans s'affoler, avec ce qu'il fait et ce qu'il ne fait pas.

Écrit par Marie-Françoise ·

Quand la chaleur monte : la respiration que je montre en cabine

La chaleur part de la poitrine, monte dans le cou, envahit le visage. Tu as envie d'arracher ton pull, d'ouvrir toutes les fenêtres, et surtout que personne ne remarque rien. Beaucoup de femmes me décrivent ce moment de la même façon : ce n'est pas seulement la chaleur qui est pénible, c'est l'affolement qui vient avec.

C'est de cet affolement que je veux te parler. Pas pour faire disparaître la bouffée, je n'ai pas ce pouvoir, mais pour t'aider à ne pas en rajouter.

Ce qui n'est pas de mon ressort

J'ai été infirmière pendant trente ans, dont six de nuit à l'hôpital. Je sais ce qu'est un symptôme, et je sais aussi que ce n'est plus mon métier de les soigner. Aujourd'hui, je suis praticienne bien-être. Ce que je te montre ici est un geste pour te poser, pas un traitement.

Si tes bouffées te réveillent plusieurs fois par nuit, si elles t'épuisent, si elles viennent avec des palpitations, un essoufflement ou quoi que ce soit qui t'inquiète, c'est ton médecin, ta gynécologue ou ta sage-femme qu'il faut voir. Il existe des accompagnements, et ce sont eux qui peuvent en parler avec toi, ton dossier sous les yeux. Une respiration ne remplace jamais cet avis-là.

Pourquoi on retient son souffle

Regarde ce que fait ton corps quand la vague arrive. La plupart du temps, il se crispe. Les épaules montent, la mâchoire se serre, et on bloque la respiration comme pour tenir bon. C'est un réflexe, on le fait toutes, moi la première.

Sur ma table, je le vois bien. Quand une femme a chaud pendant un soin, son souffle devient court, il reste haut dans la poitrine, et tout le corps se met sur la défensive. Ce n'est pas de la faiblesse. C'est un corps qui se prépare à lutter contre quelque chose qu'on ne combat pas à la force des bras.

Et c'est là que ça se complique. La gêne, la peur qu'on te voie rougir, l'agacement de « encore une » : tout ça s'ajoute à la chaleur elle-même. La vague, on n'y peut pas grand-chose sur le moment. Le reste, on peut essayer de ne pas l'empiler.

Le temps de respiration que je montre

Je le montre assise, parce que c'est comme ça qu'une bouffée te surprend le plus souvent : au bureau, en voiture à l'arrêt, à table, au bord du lit.

  • Pose tes deux pieds à plat par terre et sens le sol sous tes talons. C'est ton ancrage.
  • Desserre ce qui serre : ouvre les mains, laisse tomber les épaules, décolle la langue du palais.
  • Inspire doucement par le nez, sans gonfler la poitrine. Compte jusqu'à quatre si ça t'aide.
  • Souffle lentement par la bouche, comme pour faire vaciller la flamme d'une bougie sans l'éteindre. Un peu plus longtemps que l'inspiration, vers six.
  • Recommence, tranquillement, tant que la vague est là.

Ce n'est pas une compétition. Si compter t'agace, ne compte pas. Ce qui compte, c'est une expiration plus longue que l'inspiration, et des épaules qui redescendent.

Il faut savoir s'écouter, et être tolérante avec soi-même. Le souffle, c'est souvent la première chose qu'on oublie d'écouter.

Ce que ça fait, et ce que ça ne fait pas

Je vais être honnête avec toi. Cette respiration n'empêche pas la bouffée d'arriver. Je ne te promets pas qu'elle durera moins longtemps, ni qu'elle reviendra moins souvent. Tu trouveras sur internet des titres du genre « la technique qui calme en deux minutes ». Je ne les écris pas, parce que je ne peux pas les tenir.

Ce que je cherche, moi, c'est plus modeste. Que tu vives ces minutes-là un peu autrement. Que tu aies quelque chose à faire pendant la vague, au lieu de serrer les dents en attendant que ça passe. Que ton corps ne rajoute pas de la tension à la chaleur. C'est un geste de bien-être, et il ne fait de mal à personne.

L'apprivoiser à froid

Une respiration qu'on découvre en pleine bouffée, on l'oublie aussitôt. La tête est ailleurs. Alors je conseille de l'apprendre quand tout va bien.

  • Deux ou trois fois par jour, à un moment fixe : en attendant que l'eau chauffe, au feu rouge, avant d'ouvrir tes mails.
  • Trois respirations seulement. Pas besoin de plus pour que ton corps retienne le chemin.
  • Le soir, une fois allongée, quelques respirations de plus si tu en as envie.

Au bout de quelques semaines, le geste vient presque tout seul, et c'est là qu'il devient utile. Les choses ne sont pas venues en cinq minutes, elles ne partiront pas en cinq minutes : ça vaut aussi pour une habitude.

Autour de la respiration, les petites choses de confort restent valables. Superposer les couches pour en retirer une en quelques secondes, garder un verre d'eau fraîche à portée de main, ne pas trop chauffer la chambre. Et si tu veux regarder aussi du côté des repas, j'ai écrit sur ce que mes clientes remarquent dans leur assiette.

Et le soin Neshama, dans tout ça ?

On me demande parfois si c'est ce que je fais pendant L'éveil de Neshama. Pas exactement. Le soin commence par l'ancrage, le bas du dos, lentement, jusqu'à ce que le corps comprenne qu'il peut lâcher. Je ne te demande rien : tu t'allonges, et tu n'as plus rien à faire. Souvent, la respiration s'allonge d'elle-même, sans qu'on l'ait cherché.

La respiration de cet article, c'est l'inverse. Un petit morceau de ce lâcher-prise que tu emportes avec toi et que tu retrouves seule, n'importe où. L'un ne remplace pas l'autre. Le soin dure quarante-cinq minutes, je suis l'une des cinq praticiennes en France à le pratiquer, et il reste un moment de détente, pas une réponse à tes bouffées de chaleur.

Ne pas rester seule avec ça

Les bouffées de chaleur ne sont pas une fatalité, et « il faut attendre que ça passe » n'est pas une réponse. Tu as le droit d'en parler, à ton médecin d'abord, et à d'autres femmes qui vivent la même chose. Ce que je propose aux femmes de 45 ans et plus, en cabine et avec mon programme en ligne, est rassemblé sur la page ménopause.

J'ai une solution, pas la solution. Cette respiration en fait partie, modestement. Essaie-la à froid cette semaine, trois fois par jour, et regarde comment ça se passe la prochaine fois que la chaleur monte.

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