Assiette et bouffées de chaleur : ce que mes clientes remarquent
Ce que les femmes que je reçois me racontent de leur assiette et de leurs bouffées de chaleur, sans promesse et sans aliment miracle.
Écrit par Marie-Françoise ·

Il y a une question qui revient presque à chaque soin en ce moment. Elle arrive souvent à la fin, à voix basse, pendant que je range la serviette : « est-ce qu'il y a des choses que je devrais arrêter de manger ? »
Je vais te répondre ici comme je réponds en cabine. Honnêtement, et sans te vendre une liste de courses.
Ce qui n'est pas de mon ressort
Je ne suis pas diététicienne. J'ai été infirmière pendant trente ans, dont six de nuit à l'hôpital, et c'est justement pour ça que je tiens à cette limite. Je ne fais pas de bilan nutritionnel, je ne regarde pas tes analyses, et je ne remplace aucun suivi.
Si tes bouffées de chaleur te réveillent toutes les nuits, si ton poids bouge sans que tu comprennes pourquoi, si quelque chose t'inquiète : ton médecin, ta gynécologue ou ta sage-femme. Et pour l'assiette elle-même, une diététicienne ou un nutritionniste. Ce sont eux qui ont ton dossier et tes traitements sous les yeux.
Moi, je vois autre chose. Je vois des femmes allongées sur ma table, une heure, qui me racontent leurs journées. Au bout d'un moment, des choses reviennent. Ce ne sont pas des preuves, ce sont des observations. Je te les donne pour ce qu'elles valent.
Ce qu'elles remarquent, elles
Quand je demande à une cliente à quel moment ses bouffées arrivent, elle ne me répond presque jamais « le matin » ou « le soir ». Elle me répond par une situation.
- « Après mon deuxième café. »
- « Quand j'ai bu un verre de vin la veille, la nuit est horrible. »
- « Le soir où on a mangé tard et lourd. »
- « Pendant la réunion, quand j'étais tendue. »
- « Dès que je mange très chaud, la soupe, le plat qui sort du four. »
Tu vois, ce ne sont pas des aliments interdits, ce sont des moments. Et ces moments sont différents d'une femme à l'autre. J'ai des clientes que le café ne dérange pas du tout, et d'autres qui ont arrêté après seize heures et qui dorment mieux. Je n'ai aucun moyen de savoir à l'avance dans quelle catégorie tu es.
On ne peut pas tout guérir, mais on peut améliorer beaucoup de choses. Et surtout, il faut savoir s'écouter.
C'est bête à dire, mais c'est le fond du sujet. Personne ne connaît ton corps mieux que toi, à condition de lui prêter attention pendant quelques semaines.
Le carnet de trois semaines
C'est le seul « exercice » que je propose, et il ne coûte rien.
Prends un petit carnet, ou les notes de ton téléphone. Pendant trois semaines, tu écris deux lignes par jour : ce que tu as mangé le soir, à quelle heure, et comment s'est passée ta nuit. Rien de plus. Pas de calcul, pas de pesée, pas de photo de ton assiette.
Au bout de trois semaines, tu relis. Et là, souvent, quelque chose saute aux yeux. Une cliente a découvert comme ça que ses pires nuits suivaient systématiquement les repas de famille du dimanche soir, où elle mangeait tard et buvait un peu. Elle n'a rien supprimé, elle a juste avancé le repas d'une heure et demie.
Ça, c'est une piste qui t'appartient. Elle vaut mieux que n'importe quel tableau trouvé sur internet, parce qu'elle est à toi.
Pourquoi je ne te donnerai pas d'aliment miracle
Tu vas trouver partout des listes d'aliments qui « font disparaître » les bouffées de chaleur. Le soja, les graines de lin, telle plante, telle poudre à commander en trois clics.
Je n'écrirai pas ça. D'abord parce que je n'ai pas la compétence pour le faire, ensuite parce que ça m'agace profondément. Les pilules miracles, les recettes magiques, les gens qui ont réponse à tout, on se demande vraiment pourquoi il y a encore autant de femmes qui souffrent de la ménopause s'il suffisait de trois graines par jour.
Et puis il y a quelque chose de plus embêtant : certaines plantes et certains compléments peuvent ne pas se marier avec un traitement en cours. Ce n'est pas anodin. C'est une raison de plus pour en parler à un professionnel de santé plutôt qu'à un site marchand.
Ce que je te dis, moi, c'est plus modeste. Manger à des heures régulières, s'hydrater dans la journée et pas seulement le soir, ne pas se coucher tout de suite après un repas lourd. Ce ne sont pas des traitements, ce sont des habitudes de confort. Elles ne règlent rien toutes seules, et elles ne font de mal à personne.
Sois tolérante avec toi-même
C'est peut-être le plus important, et ça n'a rien à voir avec le contenu d'une assiette.
Beaucoup de femmes arrivent chez moi avec une liste de ce qu'elles « devraient » faire. Manger mieux, bouger plus, dormir plus, être moins fatiguée, et tenir tout ça en même temps. Elles s'en veulent de ne pas y arriver. Cette culpabilité pèse souvent plus lourd que le verre de vin du samedi.
Les choses ne sont pas venues en cinq minutes, elles ne partiront pas en cinq minutes. Moi la première, je suis obligée de me le répéter. Ne change pas tout d'un coup. Change une chose, garde-la trois semaines, regarde ce que ça donne.
En parler ensemble, le 1er octobre
J'organise un atelier nutrition et huiles essentielles autour de la ménopause. C'est gratuit, il y a huit places, et ce n'est pas un cours. On s'assoit, chacune raconte ce qu'elle vit, et on regarde ensemble ce qui peut se bouger dans une journée ordinaire. Les dates et les inscriptions sont sur la page des ateliers.
Si tu préfères en parler seule à seule, c'est possible aussi. Un bilan bien-être sert exactement à ça : prendre le temps de faire le tour avant de choisir quoi que ce soit.
Et si tu veux comprendre ce que j'observe d'autre à cette période de la vie, j'ai écrit sur le ventre gonflé à la ménopause, qui revient tout aussi souvent que la chaleur qui monte.
Le reste de ce que je propose aux femmes de 45 ans et plus est rassemblé sur la page ménopause.
Ce que je retiens
Ton assiette n'est pas ton ennemie, et aucun aliment n'est ton sauveur. Il y a juste des habitudes qui te vont, et d'autres qui ne te vont plus tout à fait. Trois semaines de carnet, un regard honnête, et l'avis d'un professionnel quand la question devient médicale.
J'ai une solution, pas la solution. C'est une petite nuance, mais elle existe, et je préfère te la dire tout de suite.

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