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Ménopause

Libido et ménopause : ce que les femmes me confient en cabine

Le désir qui s'éloigne à la ménopause, on en parle peu. Ce que les femmes me confient à voix basse, et vers qui te tourner, sans honte et sans promesse.

Écrit par Marie-Françoise ·

Libido et ménopause : ce que les femmes me confient en cabine

Il y a un sujet qui n'arrive jamais au début d'un soin. Jamais au téléphone, jamais dans le petit questionnaire, jamais quand on se dit bonjour. Il arrive plus tard, quand la pièce est calme, que la lumière est basse et que la personne a les yeux fermés depuis un moment.

Une phrase tombe, presque en s'excusant : « et puis de ce côté-là, il n'y a plus grand-chose ». Tout le monde comprend de quel côté on parle.

Je voulais écrire là-dessus, parce que ce silence me touche. Et parce que beaucoup de femmes le portent seules, persuadées d'être les seules.

Ce qui n'est pas de mon ressort

Je commence par là, parce que c'est le plus important.

J'ai été infirmière pendant trente ans, dont six de nuit à l'hôpital. Je sais ce que je sais faire, et je sais surtout ce que je ne fais pas. Je ne suis ni médecin, ni gynécologue, ni sage-femme, ni sexologue. Je n'examine personne, je ne pose aucun diagnostic, je ne donne aucun traitement.

Si le désir a disparu et que ça te pèse, si les rapports sont devenus inconfortables ou douloureux, si tu ressens une sécheresse, une gêne, une brûlure : c'est à ta gynécologue, à ta sage-femme ou à ton médecin qu'il faut le dire. Ce sont des questions médicales, elles ont des réponses médicales, et ces professionnels les entendent tous les jours. Tu ne les choqueras pas.

Même chose si la baisse du désir s'accompagne d'une grande tristesse, d'une fatigue qui ne passe pas, ou si elle est arrivée avec un nouveau traitement. Ça mérite un vrai rendez-vous, pas un article.

Ce que je peux te donner ici, c'est autre chose : ce que j'entends, ce que je vois, et pourquoi je pense qu'il faut arrêter d'avoir honte.

Ce qu'on me dit, à voix basse

Les mots changent, le fond revient souvent. Il y a la femme qui n'a « plus envie de rien », et qui ne parle pas seulement de son couple. Il y a celle qui ne se reconnaît plus dans le miroir et qui n'a plus envie qu'on la regarde. Il y a celle qui a simplement trop de choses dans la tête à vingt-deux heures pour penser à autre chose qu'à dormir.

Et presque toujours, il y a cette petite phrase à la fin : « c'est normal, à mon âge ».

C'est cette phrase-là qui m'agace. Pas pour la personne qui la dit, elle l'a entendue mille fois. Mais parce qu'elle referme la porte avant même de l'avoir ouverte. « C'est comme ça », « il faut faire avec », « on n'y peut rien ». Je ne crois pas à cette fatalité, ni pour la chaleur qui monte, comme je l'ai écrit dans les bouffées de chaleur ne sont pas une fatalité, ni pour le reste.

Ça ne veut pas dire qu'il existe une solution miracle. Ça veut dire que ça vaut la peine d'en parler, et d'être écoutée.

Pourquoi c'est si difficile à dire

Je crois que plusieurs choses se mélangent.

  • **La pudeur.** Beaucoup de femmes de cette génération ont grandi sans jamais parler de ça, même entre amies.
  • **La peur d'être jugée.** Par le médecin, par le conjoint, par soi-même surtout.
  • **Le sentiment que ce n'est pas grave.** Il y a toujours plus urgent : les enfants, les parents âgés, le travail, la maison.
  • **La culpabilité.** Celle de ne plus avoir envie, comme si c'était une faute ou un manque d'effort.

Aucune de ces raisons n'est une bonne raison de rester seule avec ça.

Ce qui se passe sur ma table

Je vais être très claire : un soin ne rend pas le désir. Je ne l'écrirai jamais, parce que ce serait faux et parce que ce serait se moquer de toi.

Ce que je vois, en revanche, c'est que beaucoup de femmes ne s'accordent plus jamais un moment où leur corps est touché avec douceur, sans que rien ne soit attendu de lui. Pas de tâche, pas de performance, pas de regard. Juste une heure où l'on prend soin d'elles.

Ce qu'elles me disent en se relevant, ce sont des mots tout simples : « ça fait du bien », « je me suis déconnectée ». Parfois un lâcher-prise complet, qui les surprend elles-mêmes. Ce n'est pas un traitement, c'est un moment pour soi. Et je trouve que, quand on a le sentiment de ne plus habiter son corps, ce n'est déjà pas rien.

Il faut savoir s'écouter. Et il faut être tolérante avec soi-même.

Ce que tu peux faire dès cette semaine

Rien de spectaculaire, et c'est voulu.

  • **Mettre des mots.** Même pour toi seule, dans un carnet. Depuis quand ? Qu'est-ce qui a changé autour ? Ces notes t'aideront le jour du rendez-vous médical, quand on a tendance à tout oublier.
  • **Prendre le rendez-vous.** Chez ta gynécologue ou ta sage-femme, en disant dès le début que tu veux parler de ça. Le dire en premier évite de repartir sans avoir osé.
  • **Retrouver du temps pour toi.** Un bain, une marche dans la campagne, un automassage des mains avec une crème que tu aimes. Pas pour « régler » quoi que ce soit, juste pour te réhabituer à te faire du bien.
  • **Ne pas vouloir aller trop vite.** Les choses ne sont pas venues en cinq minutes, elles ne partiront pas en cinq minutes. Moi la première, je dois me le rappeler.

Si tu veux en parler avec moi

Je reçois sur rendez-vous, à Saint-Nizier-le-Bouchoux, en Bresse. Si tu ne sais pas par où commencer, le bilan bien-être sert à ça : on prend le temps de faire le tour de ce que tu vis, sans rien décider à ta place. Et si ta question est médicale, je te le dirai, et je te renverrai vers la bonne personne.

Tout ce que je propose aux femmes de 45 ans et plus, soins, ateliers et accompagnement en ligne, est rassemblé sur la page ménopause.

Ce que je retiens

Le désir qui s'éloigne n'est ni une honte, ni une faute, ni forcément une fin. C'est une question comme une autre, qui mérite d'être posée à voix haute, d'abord à un professionnel de santé, et peut-être aussi à toi-même.

J'ai une solution, pas la solution. Mais je peux au moins te dire une chose : tu n'es pas la seule, loin de là.

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